Feminin sacré

L’avortement, passage initiatique

L’avortement, un bien grand mot, qui peut être en lien avec l’interruption d’une grossesse, d’une relation, d’un projet, mais ici je vous parle de l’interruption de mes deux grossesses. Une à l’âge de 22 ans et une à 26 il y a quelques mois de cela.

L’envie de vous partager mon histoire, qu’elle puisse vous soutenir, raisonner en vous et vous en libérer par le biais de rituels. Chacun a sa façon fait son deuil, je vais vous raconter le mien, quels outils j’ai utiliser pour me « libérer » et faire la paix avec moi même et avec cet âme qui n’a pas eu le temps de s’incarner.

Il n’y a pas de vérité dans l’absolu, je vous partage juste mon expérience.

En 2015 j’ai eu recours à ma première interruption, jeune, je me cherchais encore en temps que femme, je venais de quitter un amour et d’en rencontrer un nouveau, trop de chamboulements, trop rapide, décision prise assez rapidement, sans laisser de place au papa. Ma douce mère m’a accompagné dans cette épreuve comme elle le pouvait, je l’ai mal vécu car je l’ai assez refoulé, dans le déni disons, en ritualisant tout de même en mettant tout dans une boite et en l’enterrant dans la forêt. Bien que, quelques mois après j’ai déclenché une infection des ovaires. Les années qui ont suivi j’ai travaillé dessus par le biais de thérapie douce, soins énergétiques, Orthobionomy®, livres, chemin personnel, œuf de yoni… Mais c’est comme ci je n’étais pas encore “guérie”. Puis ensuite mon chemin vers le féminin commença, l’envie d’accompagner ses femmes dans cette guérison par le biais de cercles de femmes et de la création de Yoga Luna .

L’envie d’être maman me taraude depuis une année, l’éveil du féminin surement, je sens qu’une âme est autour de moi que ça sera pour l’année prochaine, pas maintenant mais dans moins de deux ans.

Le 12 mai 2019 j’ai réalisé un cercle avec toutes les femmes de ma lignée maternelle, j’ai commencé le cercle en les remerciant et en disant “je suis la dernière de la lignée à ne pas avoir enfanté, j’en ai très envie mais ça ne sera pas pour tout de suite”.

Fin mai je pars à Prague avec deux amies, et déjà avant de partir je sentais qu’il se passait quelque chose, j’attendais mes lunes. Deux soir avant de partir je sentais que quelque chose m’appuyait sur la vessie, je ne sais pas pourquoi j’ai pensé à un fibrome ? Dans la foulée je prends un bouquin que j’utilise beaucoup : “Ton corps te dis aimes-toi” de Lise Bourbeau, un livre qui fait le lien entre les “maladies” et les blocages physiques, émotionnels et mentaux.

J’ouvre le livre à l’instinct, je tombe sur quoi ? Fibrome utérin, hum ok. Un fibrome créer une masse que l’on peut considérer comme un bébé psychologique. Le fibrome est l’indication qu’une femme entretiens trop longtemps un chagrin, pour la plupart du temps inconscient suite à la perte d’un enfant. D’accord c’est assez cohérent, en rentrant de Prague je prendrai un rendez-vous pour vérifier tout cela.  

26 mai 2019 départ pour Prague, super périple, on a beaucoup marché,  j’étais épuisée, je n’avais pas envie de boire de verre. Une fatigue viscérale…

31 mai, le retour, j’enchaîne avec un salon des médecines douces, toujours aussi épuisée à la limite de m’endormir sur place. Une semaine se passe, toujours pas de lune, les seins gonflés. J’ai reçu un soin de chrysothérapie  cette semaine là.  Je dis à la thérapeute qu’il se passe quelque chose mais je ne sais pas quoi, à la fin du soin elle me dit ” il ne faut pas avoir peur d’être mère tu as ça en toi.” (ni elle ni moi ne savait).

Le 7 juin à 14h00, je pars acheté un test ( au fond je le savais), 30 secondes, les deux barres, grand sourire, je me sentais bien j’étais bien, et j’ai de suite prévenu le papa qui m’as dis ” ça fait une semaine que je le savais“, dans ma tête ce n’étais pas envisageable de subir et faire subir une seconde interruption donc on le garde c’est une évidence pour lui et pour moi. Les minutes passent, ça ne va pas, il faut que j’appelle une amie, aucune amie ne ma répondu sur le moment et j’ai appelé ma cousine, les larmes montent je pleure à ne plus pouvoir parlé, je suis enceinte. Ma cousine me rassure ( maman depuis peu), elle me dis que c’est une super nouvelle, que du positif, joie bonheur, amour mais oui je le garde !

La semaine qui a suivi j’ai acheté des livres, de l’acide folique, j’ai arrêté le café, j’ai fais attention à ce que je mangeais, beaucoup de yoga doux axé sur le féminin…

Puis un matin je me suis réveillée avec des doutes, sur ma situation, ma relation amoureuse instable depuis quelque mois ( toujours le même papa qu’il y a quatre ans). Je me suis mise à faire une liste pour /contre, et j’ai eu chaud froid je me suis rendue compte que je n’étais pas prête bien que je le désirais très fort.
Je m’étais toujours dis que je interromprais plus jamais une grossesse, mais l’intuition, quelque chose de profond me criais “nonnn” !

Le 27 juin j’avais de nouveau rendez-vous pour un soin en Chrysothérapie, je lui expose mes doutes … j’en suis ressortie encore plus déstabilisée comme si je voulais que l’on prenne la décision à ma place.

Beaucoup de discussions avec le papa, qui était aussi persuadé que je ne referais jamais cela. Il a mis les choses en place pour stabiliser et être prêt, mais je reculais de plus en plus face à cette idée. A mon compte depuis deux ans, mon affaire se lance tranquillement, j’essaye de vivre de ma passion, nous vivons dans une yourte, le papa est en déplacement la semaine, je suis une voyageuse dans l’âme.

C’est alors que je pris cette décision d’appeler l’hôpital pour prendre rendez vous pour une interruption, j’étais déjà à 7 semaines d’aménorrhée soit presque deux mois de grossesse. Une fois le rendez vous pris, aussi horrible que cela puisse paraître, j’ai eu comme un soulagement extrême, comme si je reprenais le contrôle de la situation.

Le weekend qui a suivi la prise de rendez vous, je suis allée au Blessingway de ma chère amie, le blessingway est une célébration avant la naissance du nourrisson, entres femmes.  Je me suis dis oh je vais voir Manon, et plein de femmes, des nourrissons, la décision je la prendrai là. Magnifique weekend, super cercle. J’avais apporté mon oracle de la femme sacrée, Manon nous à fait tirer une carte, la mienne ” dans le flux“….

Semaine qui suis, premier rendez vous, je n’étais pas à l’aise, l’interne m’explique comment ça va se passer, les vieux souvenirs remontent, encore pas définitivement sure de mon choix.

Deux méthodes s’offrent à moi :

  • L’IVG chirurgicale par aspiration
  • L’IVG médicamenteuse par expulsion

Pour moi il est inenvisageable d’opter pour la chirurgie, je souhaite rester maître de mon corps, et vivre cet avortement de manière sacrée, dans la nature, un peu comme un accouchement et surtout en pleine conscience.

Je prends donc rendez vous pour les deux étapes, qui aurait lieu le 1/07 et le 3/07 dates qui engendrerais le fait que mon conjoint ne serait pas présent… ( je ne lui ai pas laissé de place la première fois, mais ai-je peur de le vivre avec lui ? )…

Le week-end là c’était le mariage de la sœur de Mathieu, j’avais envie d’y aller, de prendre une grande dose d’amour et de voir si ma décision était la bonne. Le mariage fut magnifique, plein d’amour, de joie et de bonheur, comme sur un nuage, à trois heures de route de chez nous, je n’avais plus envie de rentrer car j’appréhendais le rendez- vous à l’hôpital. je voulais rester là haut, loin de la matière.

Lundi 1/07 l’interruption devait avoir lieu ce jour mais il y avait quelque chose qui clochait au niveau de mon sang, il a fallu refaire des prises et attendre… ce qui a repoussé l’interruption au mercredi et vendredi. ( comme ci je devais absolument le vivre avec Mathieu ) 

Le 3 juillet, première étape, il n’était pas présent physiquement, j’étais seule. L’interne bienveillante me fais remplir les feuilles de consentement et signer les feuilles de contre indications qui suivraient cette interruption, j’étais tremblante, elle me donna les 3 comprimés, j’ai eu la gorge serrée. Je l’ai regardé, et j’ai pris le premier en disant mentalement “pardonne moi“, le second “excuse moi” et le troisième “je t’aime“.

Je sentais les larmes monter, je suis partie rapidement, le couloir était interminable, j’avais envie de hurler et d’exploser, en rentrant j’ai dormi toute la journée d’épuisement et de tristesse.

Puis le jour qui a suivi j’ai beaucoup parlé à mon corps, au fœtus pour lui expliquer clairement pourquoi, qu’est ce qui allait se passer, j’ai écouter de la musique, fait des postures de yoga…

Le papa est rentrer la veille du jour J, nous étions dévastés, tristes mais rassurer d’être tous les deux. Il m’a massé nous avons écouter de la musique et parler au fœtus chacun notre tour.

5 juillet, jour J, le réveil fut difficile, je n’étais pas bien, lui non plus … nous nous rendons à l’hôpital,  Mathieu bien présent et bienveillant, sans lui je n’aurais pas tenue.

Je vous passe les détails de l’hôpital, moi qui ne prend jamais de médicaments le lieu n’étais pas approprié je souhaitais vivre cela chez moi de A à Z, les douleurs étaient tellement puissantes que j’en ai vomis. En dernier recours je lui demande en pleurs de me donner quelque chose pour la douleur. Pas habituée aux médicaments, ils m’ont assommés, j’ai pris le temps de mettre une musique méditative sur l’énergie féminine et je me suis endormie.

Au bout de trois heures nous sommes sortis et sommes rentrés dans notre petite forêt, Mathieu m’a préparé un matelas dehors sous les arbres, il me soutenais et contenais ses larmes comme il pouvait.

Le travail a été long, la prise des médicament pour l’expulsion était à 10h, nous sommes sortis de l’hôpital à 13h, le moment a eu lieu à 18h, j’avais des contractions toutes les deux minutes jusqu’à que ça arrive.

J’étais dévasté, le papa aussi, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, je me croyais ailleurs dans un autre monde. C’est terminé, plus de retour en arrière possible… émotionnellement épuisant.

A 19h nous avons chercher le lieu idéal dans la forêt pour enterrer la chair de notre chair, en lui envoyant tout notre amour, cérémonie, paroles, fleurs, encens …

A 20h nous avons lancé une lanterne rouge au ciel pour ritualiser cet événement douloureux. D’épuisement j’ai dormis.

Le lendemain nous sommes aller dans une pépinière chercher l’arbre qui représenterais le fruit de cette expérience, un magnifique arbre avec des feuilles en forme de cœur.

Le soir nous sommes montés au plus haut sommet de montagne à proximité de chez nous pour refaire un lancé de lanternes que nous avions pris soin de remplir de mots, de dessins.

Une lanterne pour le premier avortement que nous n’avions pas ritualiser ni vécu ensemble avec le papa, je ne lui avais pas laissé de place. Une pour notre chat adoré. Mais les deux premières sont partis si vite, trop vite à mon goût c’était beau mais j’aurais voulu les voir plus longtemps.

Alors pour la dernière lanterne, qui représente ce passage de la veille,  nous sommes allés ailleurs, ou l’on avait une vue plus dégagée, pour voir la lanterne le plus longtemps possible.
Il était minuit et quelques, le ciel dégagé et étoilé. Nous l’avons vu longtemps sur la vallée jusqu’à quelle ressemble à une étoile, c’était beau magique et inoubliable.

Selon mon vécu je pense que la ritualisation, peu importe la situation est très importante, pour faire son deuil et avancer avec notre puissant pouvoir féminin.

J’ai très envie d’être maman, sur le chemin du féminin sacré depuis deux ans, j’accompagne des femmes par le biais de cercles, de yoga féminin. J’ai les outils pour transcender cet événement. Je serai maman oui, mais pas maintenant et merci à toi petit ange qui nous as chamboulés mais à permis de refermer certaines plaies. Je t’aime et merci.

Témoignage que j’avais besoin de partager, qui fais de moi ce que je suis et qui me permet de vous accompagner sur ce chemin du féminin avec toutes les blessures qu’il engendre.

En tant que naturopathe, sur le plan physique, j’ai veillé à me faire accompagner par l’achillée millefeuille en décoction pour régulariser cette sphère et les hormones un peu mises à mal. Des probiotiques également pour la flore intestinale et vaginale.
Côté émotionnel en fleurs de Bach « Le rescue » m’a aidé et à présent je prend « Walnut » le noyer pour m’accompagner vers ce changement.

Massage du bas ventre, méditation sur mon utérus en lui envoyant plein d’ondes de guérison, et yoga doux pour reprendre en douceur avec des postures axées sur Swadisthana le chakra sacré pour la culpabilité et Anahata le chakra du cœur pour la tristesse.

A toi chère sœur, qu’il la vécu

Je souhaite t’accompagner sur ce chemin de guérison, accepter ton choix, transcender cet événement douloureux, t’accompagner avant, après, pendant s’il le faut. Que ce soit ressent, ancien ton corps a garder en mémoire cet événement, tu as le droit de faire ton deuil, guérir ton chaudron, te pardonner, ritualiser à ta manière, il y a plein d’outils à notre disposition pour cela.

Un choix, une peur, peu importe c’est ta décision

Quand cela m’est arrivé, je me suis sentie seule, très seule, ce que je trouvais comme récit sur internet ne faisait que me faire culpabiliser d’avantage. Pas une seule pensée positive, pas une once de soutient. Je me dois de me servir de cette expérience pour vous accompagner. Ce passage initiatique a fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

Je te propose un accompagnement que j’ai nommé le “Soin Lanterne” ( en création )

Aho.

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2 Comments

  • Reply
    marie palacin
    février 20, 2020 at 5:01

    Merci pour ce partage, j’aurais aimé lire ces mots il y a quelques mois . Ils résonnent bien encore aujourd’hui..
    Nous ne sommes pas seules, ton récit me le rappelle <3

    • Reply
      Mathilde B.
      février 25, 2020 at 9:39

      Merci à toi, l’importance de la déposer, de ritualisation afin de vivre son deuil au mieux.
      Merci de le déposer ici <3

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